La démesure du capitalisme atteint des sommets
comme jamais dans l’histoire des hommes, nous semble-il ?
Ce monde des affaires est devenu une mafia à ciel ouvert, plus personne ne se
cache. Ces hommes d’affaires sont dangereux ! Ils pourrissent la vie
d’autres hommes. N’ayons pas honte, disons-le haut et fort « Ils sont
malades ! il faut les soigner ! ».
Que faut-il faire ? leur apprendre « la juste mesure » que l’on devrait donner à toute chose ? Ce sens du raisonnable et des équilibres qui devraient régner dans ce milieu plus qu’ailleurs. Mais quel intérêt peu t’ont avoir à accumuler autant de richesse ? De quel manque souffre ces hommes pour agir ainsi ?
Cette accumulation de richesse nous montre bien qu’il est un fait « artificiel » entretenu et accepté par les hommes, un engrenage d’une machine capitaliste dégénérée qui s’emballe, comme la misère, conséquence inévitable, est tout aussi rendue « artificiellement » une réalité de la souffrance humaine.
L'article « 21 346 euros/heure... pour le patron de Porsche » paru dans LE MONDE.FR du 29.11.08
Qui cherche matière à polémique, en ces temps de crise morale du capitalisme, n'a qu'à se pencher sur le montant des émoluments accordés aux dirigeants de Porsche. Au cours de l'exercice fiscal 2007-2008, les six membres du directoire du fabricant allemand de bolides ont encaissé 143,5 millions d'euros, en hausse de 27 % sur un an, selon le rapport d'activité publié mercredi 26 novembre.
Il n'est pas dans les us et coutumes du groupe de dévoiler le détail du salaire perçu par chacun d'entre eux. Mais les experts estiment qu'environ la moitié de cette somme est tombée dans l'escarcelle de son président, Wendelin Wiedeking. Selon certaines rumeurs, le patron aurait négocié, par le passé, de toucher 0,9 % du bénéfice imposable du constructeur. Celui-ci était de 8,6 milliards d'euros cette année, M. Wiedeking aurait donc perçu plus de 77 millions d'euros. Soit davantage que les revenus cumulés des quatorze patrons les mieux payés du DAX, l'indice vedette de la Bourse de Francfort...
A partir de ce montant, on peut se livrer à d'intéressants calculs : "En admettant que Wiedeking travaille soixante-dix heures par semaine (...) et qu'il ne prenne pas de vacances, on arrive à une moyenne de 21 346 euros de l'heure", fait par exemple remarquer le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung du jeudi 27 novembre.
Dans cette litanie de chiffres, il n'est pas inutile de rappeler que, en 2007, le concepteur de la 911 a vendu un peu plus de 98 000 voitures, moins que ce qu'écoule son compatriote BMW en un mois.
Si Porsche - et par ricochet son patron - gagne beaucoup d'argent, c'est plutôt grâce à ses investissements et à ses placements financiers. Notamment sa participation dans Volkswagen (VW), et plus encore ses options sur actions. Porsche détient 42 % du capital de VW, et 32 % en plus en options. Ce mécanisme a rapporté 6,8 milliards d'euros au groupe de Stuttgart lors de l'exercice écoulé. C'est un peu plus que le bénéfice net enregistré en 2007 par la première banque allemande, Deutsche Bank.
Marie de Vergès (Berlin, Correspondance)